IN Magazine N° 228 / Juillet – Août 2026
AU SECOURS !
Je voudrais pouvoir me nourrir sans m’empoisonner.
Est-ce vraiment encore possible aujourd’hui ?
Face à plein d’injonctions, parfois contradictoires, j’ai plus l’impression d’avoir la liberté de choisir mon poison
plutôt que de pouvoir opter pour ma santé.
Pour illustrer ce propos je choisirai l’exemple du cadmium. Substance dont j’ignorais même l’existence il y a quelques mois. Cancérigène certain pour l’homme, il s’accumule dans mes reins, dans mes os et ne s’élimine que très lentement. Donc non merci je n’en prendrai pas.
Ben… pas le choix. Grâce à l’agro-industrie qui gorge nos terres d’engrais phosphaté pour produire toujours plus, mon alimentation, à travers les céréales, légumes, chocolat, abats… m’apporte ma dose quotidienne de cette substance mortelle. Moi je pensais m’être mis à l’abri des pesticides et autres produits chimiques en mangeant des produits bio.
Patatras …Une récente étude sur le cadmium m’apprend que le chocolat bio est celui qui en contient le plus !!! Donc, choisis ton poison.
En Europe les normes sanitaires sont fixées de manière à éliminer au maximum 5% de ce que le lobby agro-industriel arrive à produire. Dans ce monde de business, les données scientifiques qui permettraient de préserver ma santé n’ont que peu d’influence.
Ceci explique que les normes n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. Bon nombre de produits que nous mangeons actuellement auraient été interdits il y a 30 ou 40 ans.
En France, depuis l’ère Macron, c’est le ministère de l’Agriculture qui décide ce qui est bon pour moi. Ce ministère sous l’influence de la FNSEA (donc des agro-industriels) a comme priorité : produire produire, produire. Ce n’est pas sa mission prioritaire de s’occuper de ma santé.
J’ai une idée mais peut-être saugrenue : si c’était le ministère de la Santé qui fixait les normes concernant nos aliments, en s’appuyant essentiellement sur des données scientifiques ? Et le ministère de l’Agriculture s’occuperait d’organiser, voire d’adapter notre agriculture pour que sa production respecte les normes nuisant le moins possible à ma santé ! Trop compliqué sans doute.
Bernard Filaire