IN Magazine N° 194 – Assemblée Générale Indecosa CGT 2020

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« Je souhaite que la conscience collective que nous avons bâtie soit partagée le plus largement possible »

Martine Sellier, Présidente durant six ans
d’Indecosa-CGT, cesse ses activités pour prendre
sa retraite. Alors que l’annulation de l’AG lui laisse
un goût étrange, elle confie son état d’esprit et ses
souhaits pour l’avenir de l’association.

Que t’inspire l’annulation de l’Assemblée générale et cette situation inédite ?

Martine Sellier : Cette annulation a bouleversé totalement notre fonctionnement, nos façons de prendre les décisions, d’envisager collectivement des perspectives… De ne pas pouvoir exercer nos pratiques démocratiques, on se sent amputé.
De plus, alors que je quitte l’association, je n’ai pas pu présenter mon bilan et, tout comme les autres camarades qui quittent le Conseil d’administration, je n’ai pas pu dire au revoir comme on sait le faire habituellement, ni accueillir ceux qui arrivent.

Comment as-tu vécu ces dernières semaines ?

M.S. : Avec une sorte de détachement forcé par la crise sanitaire. Bien sûr les liaisons numériques ont permis de rester en contact, mais elles n’empêchent pas les liens de se détricoter un peu. Les relations de proximité sont le ciment de notre activité, et à cause de la pandémie et des
mesures en cours, ce ciment se délite malgré nous. Par ailleurs, la situation est étrange parce que je ne suis plus en responsabilité, j’avais tout prévu pour cela, mais la passation n’a toujours pas eu lieu officiellement. En fait, je ne vis pas très bien d’être encore là alors que je suis sensée laisser ma place.

Comment résumerais-tu tes deux mandats en quelques mots ? Qu’en retiendras-tu principalement ?

M.S. : Beaucoup de choses ! Compte tenu de l’état de tension que j’ai trouvé en arrivant, je dirais que ma présidence se scinde en deux périodes : plus ou moins trois ans d’apaisement et de reconstruction, et plus ou moins trois ans d’évolution et d’avancées nouvelles. Parmi les
actions phares, je cite l’obtention de l’agrément santé et du super agrément – nous sommes aujourd’hui parmi les cinq premières associations consuméristes en France, l’action internationale avec, notamment, notre participation à l’ECU (Union européenne des consommateurs) dont le vice-président est un camarade, les colloques de haut niveaux avec des invités prestigieux et de très nombreux participants présents ou en ligne, un renforcement de notre maillage territorial avec des associations existantes plus actives ainsi que des nouvelles créées… J’insiste aussi sur le fait qu’avec notre Cahier de la consommation et notre manifeste européen, nous avons formalisé pour la première fois nos orientations communes. Ce sont celles-ci, entre autres, qui permettrons aux camarades de continuer à avancer ensemble, sur des bases de travail saines.

Que t’a apporté cette expérience de présidente d’Indecosa-CGT en tant que militante ? À titre personnel ?

M.S. : J’ai découvert la puissance du pouvoir des consommateurs, et dans mon parcours de militante, j’ai compris que le regard des consommateurs et leurs préoccupations étaient à la fois indispensables et complémentaires des luttes syndicales.
Quand ma Fédération des organismes sociaux a permis mon détachement – je la remercie vraiment pour cela – je ne connaissais rien à la défense des consommateurs. Je suis partie dans l’inconnu. Heureusement, Christian Khalifa est venu avec moi, comme trésorier. C’était rassurant.
Sur le plan personnel, cette expérience m’a permis de continuer à m’instruire et à satisfaire ma curiosité. J’ai appris tellement, dans des domaines de notre quotidien si divers ! Ce fut vraiment une expérience riche, constructive et épanouissante. Enfin, j’ai fait la connaissance de camarades tous aussi intéressants les uns que les autres. Ce fut un bonheur de développer l’association au fil des années ainsi accompagnée, et je tiens à les en remercier.

Quel souhait aimerais-tu formuler pour l’avenir d’Indecosa-CGT ?

M.S. : Maintenant que nos revendications sont réunies et clairement énoncées, j’aimerais qu’Indecosa-CGT puisse fédérer davantage d’acteurs du monde consumériste ou d’ailleurs autour de ses combats, de ses revendications au plus près des besoins des consommateurs. Fédérer des ONG, d’autres associations, des syndicats… Il faut être nombreux face aux industriels pour mener des actions importantes pour la santé ou la sécurité des consommateurs. C’est ce que nous avons fait, par exemple, lors du scandale du lait contaminé chez Lactalis ou encore sur la question des prix chez Mac’Do. Je souhaite que la conscience collective que nous avons bâtie soit partagée le plus largement possible.

Interview réalisée le 27/10/2020

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Sommaire

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